Citadelle Gin

Contrebandiers Anglais

Aucune arrestation,
les brigands sont libérés

Smugglers3

Dunkerque, France. 10 avril 1785
urprise feinte que celle des Anglais, quand, cette nuit, un navire bourré de contrebandiers anglais a été arraisonné hors de la citadelle de Dunkerque. Le bateau contenait une foule de barriques de gin de la distillerie Citadelle à destination de l’Angleterre. Dans des circonstances normales, les voleurs auraient été arrêtés et bannis. Toutefois, il ne s’agissait pas de délinquants habituels : ils possédaient en effet un permis de contrebande…

Ce paragraphe pourrait être le début d’un article ancien, écrit aux alentours de 1785, à propos de la petite forteresse de Dunkerque, lorsque la contrebande était une activité licite. Alors, semble-t-il, les Anglais préféraient le gin français à celui que produisaient les Pays-Bas et la Suède. Los archives font foi qu’entre 1785 et 1810, des réseaux de malfaiteurs escamotaient régulièrement par bateau de grandes quantités de gin. On estime qu’en Angleterre la quantité de gin de contrebande atteignait une valeur approximative de 300,000 écus, la monnaie de l’époque, soit l’équivalent de quelque 9 000 000 de dollars actuels.

Des documents ont été découverts selon lesquels les voleurs avaient obtenu un permis pour exercer légalement ces activités. La mésentente entre la France et l’Angleterre n’était pas un secret au XVIIIe siècle. On pourrait même dire que la France aurait fait n’importe quoi pour porter préjudice à l’économie anglaise. Et s’il fallait pour cela permettre que son précieux alcool de genièvre soit transporté illégalement en Angleterre, paralysant ainsi le marché de l’ennemi, alors… qu’importe ! C’est la vie !

Les règles étaient simples. Les navires des contrebandiers étaient autorisés à entrer dans le port de Dunkerque et à s’amarrer à quai dans le but de charger du gin et de le transporter en Angleterre, à condition que les conditions suivantes soient remplies :

L’entrée du port était proscrite aux bandits armés.
La contrebande était autorisée aux bateaux dont l’équipage ne dépassait pas 15 hommes.
Seuls le capitaine et le premier officier pouvaient quitter le bateau et loger dans une hostellerie préalablement concertée avec l’approbation du gouvernement de Dunkerque
Dans la citadelle, le capitaine et son second ne devaient jamais se quitter.
Ils devaient avoir sur eux une lettre de leur gouvernement garantissant à la ville de Dunkerque un dédommagement de 20 000 écus (600 000 dollars actuels) en cas de problèmes occasionnés par un de leurs hommes.

Le traité demeura en vigueur plus de 30 ans, avec l’approbation sans réserve du roi de France. Carpeau et Stival firent de leur distillerie une affaire prospère, dont les produits étaient fort demandés, en France et en Angleterre. Affirmer que le succès du gin Citadelle parmi les Anglais n’était dû qu’aux contrebandiers du XVIIIe siècle serait une erreur ; aujourd’hui encore, en effet, fabriqué par Alexandre Gabriel et la Maison Ferrand, il rencontre auprès d’eux un excellent accueil. Après les marchés espagnol et américain, l’Angleterre est notre territoire d’exportation le plus important. Alors, portons un toast de Citadelle à ces brigands et voleurs, non ?

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